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À notre époque, les accidents de voiture sont monnaie courante. Dans toute une vie, il est fréquent de connaître une fois ou deux ce genre de situation, même si vous êtes un conducteur prudent et avisé. Et bien souvent, les répercussions à long terme sur le corps physique sont mal connues du grand public. Après un accident de voiture, même si le choc n’a endommagé que la voiture, même si vous n’avez pas été blessé, et que vous avez l’impression de n’avoir rien eu à part quelques courbatures, il est fortement conseillé de faire une séance d’ostéopathie dans les 72 heures. Voilà pourquoi :

Si vous avez des courbatures, c’est que votre posture est modifiée, et que votre tonus musculaire de base a changé. L’énergie cinétique du choc a laissé une empreinte, même si vous n’en avez pas conscience. Un choc, même bénin, oblige le corps à mettre en place un système d’adaptation pour pallier la perte de mobilité de certaines structures. Ce n’est que des mois, voire des années après, que des troubles peuvent apparaître sans que l’on fasse de lien.

L’énergie cinétique dans une simple collision est phénoménale, car elle est proportionnelle au carré de la vitesse : concrètement, cela veut dire que dans un choc à 30km/h, la force qui rentre en jeu représente à peu près 20 fois le poids de l’automobiliste. Un conducteur de 75 kg « pèse » alors  1 tonne 500. Cette force de décélération va se répercuter dans tous les tissus en les déformant. Cela peut impacter la mécanique de certains organes, notamment le foie, les reins et l’intestin grêle, mais aussi la mécanique articulaire (occiput /cervicales hautes, sternum, grill costal, sacrum)

 

La mobilité des organes

On n’en a rarement conscience tellement c’est banal, mais il faut savoir qu’à chaque respiration, chacun de nos organes bouge de façon mécanique. Quand vous inspirez, le diaphragme thoracique descend d’environ 4cm et appuie sur les organes abdominaux, les entraînant dans sa course. Quand vous expirez, le diaphragme remonte, et les organes reviennent à leur place. Un sujet sain respire entre 15 et 18 fois par minute, soit environ 1000 fois par heure, donc, 24 000 fois dans une journée. Le diaphragme parcourt ainsi 1800m par jour, les reins environ 600m.

Chaque organe bouge selon des axes précis, dictés par ses points d’attache ligamentaires et vasculaires. Ce mouvement de va et viens crée un pompage qui facilite le drainage lymphatique et le retour veineux de l’abdomen vers le thorax. Et ce sont ces mouvements mécaniques qui vont être perturbés suite à une collision.

Prenons par exemple le foie : c’est un des organes les plus volumineux du corps, et aussi un des plus lourds, ce qui le rend très sensible aux décélérations brutales. En cas d’impact, son système ligamentaire peut être dépassé. Le foie va s’écraser contre le grill costal, et va rester fixé dans la position où il était lors de l’impact. Sa mobilité est alors réduite, voire stoppée. Nous pourrons alors observer au bout de quelques mois des problèmes qui n’ont apparemment rien à voir avec le choc initial, tel que l’apparition d’hémorroïdes, provoquée par une stase veineuse au niveau de la veine porte ou de la veine cave. Cela peut aussi donner à long terme des calculs biliaires, car la vésicule biliaire n’arrivera pas à se vider totalement, provoquant l’accumulation de cristaux biliaires jusqu’à la formation de calculs. On peut aussi observer des problèmes d’épaules, préférentiellement à droite, par traction des fascias, etc.

Les répercussions seront différentes selon chaque personne, dépendant de la direction du choc, de son intensité, mais aussi des antécédents de la personne et de sa capacité d’adaptation. Restaurer ces mouvements mécaniques est essentiel pour la bonne marche du corps. Car même s’ils sont de faible amplitude, à peine quelques centimètres à chaque fois, c’est la répétition de ces micros mouvements qui permet d’entretenir la dynamique de la physiologie.

 

L’impact sur le squelette

Mécaniquement, la tête est une sphère de plusieurs kilos fixée sur une tige souple, la colonne vertébrale. Dans une décélération brutale, la tête est projetée en avant, provoquant 2 phénomènes :

un mouvement de translation brutale entre l’occiput et les deux premières cervicales. Comme ce mouvement risque d’endommager les artères vertébrales qui alimentent le cerveau, la nature a prévu tout un système ligamentaire pour assurer l’intégrité de cette région. Ces ligaments vont donc se verrouiller pour s’opposer au mouvement de translation. Ce phénomène nous protège dans l’instant, mais à long terme cela pose un réel problème, car cela provoque une compression entre occiput et cervicale. Ces ligaments ne peuvent pas se relâcher tout seuls. Ils  resteront donc dans cet état de tension tant que l’on n’aura pas travaillé manuellement à leur relâchement. Au final, c’est un petit peu comme si  vous rouliez avec le frein à main serré en permanence.

La projection de la tête en avant va créer aussi une onde de choc, comme un coup de fouet (wiplash) qui va descendre le long de la colonne vertébrale, et venir verrouiller le sacrum entre les iliaques. Tout comme les cervicales, sans l’aide de l’ostéopathie, cette région restera verrouillée. À un autre niveau, cela va aussi désynchroniser le sacrum et l’occiput dans leur mouvement de respiration primaire.

Facteur aggravant : la ceinture de sécurité est asymétrique. Par exemple, si vous êtes conducteur, dans un choc avant, votre épaule gauche va venir s’écraser contre la ceinture, alors que votre épaule droite, non maintenue, va s’enrouler autour de la ceinture. Cela provoque donc à l’épaule gauche une compression et à l’épaule droite une distension des ligaments pleurovertébraux. Ces ligaments s’accrochent entre le dôme pleural (c’est-à-dire le haut du poumon) et la 6e, la 7e cervicale, la 1re dorsale et la 1re côte. Et avec la fixation du sternum, toute la mécanique respiratoire du thorax sera perturbée.

Il est à noter que l’on retrouve souvent des raideurs ou des entorses de cheville droite chez des gens qui, même sans avoir eu d’accident, ont dû faire un freinage d’urgence. Car pour éviter une collision, on est « debout sur les freins ». Dans les freinages intenses, il est fréquent que les gens se bloquent la cheville droite.

L’ostéopathie peut donc agir sur tous ces aspects physiques : lever la compression occipitale et détendre les ligaments entre occiput et cervicaux, resynchroniser le crâne et le bassin, restaurer la mobilité du sacrum entre les iliaques, ainsi que la mobilité des organes impactés, rééquilibrer la ceinture scapulaire, libérer les différents diaphragmes, etc.

 

L’impact émotionnel

À un autre niveau, l’impact émotionnel de ce type d’événement n’est pas à négliger. Il est quelquefois même plus important que l’impact physique. Ce qui se joue intérieurement à ce moment-là peut laisser des traces que ne décéléra jamais une IRM, et pourtant les séquelles sont bien réelles.

Le contexte, la prise en charge, la façon dont vous avez été secouru ou pas facilitera plus ou moins la résilience, c’est-à-dire votre capacité à rebondir, à surmonter l’événement. Si vous avez eu peur, pour vous, pour les gens qui vous accompagnaient, ou pour les personnes en face, cela peut avoir une incidence sur vos reins, car la peur bloque les reins. Si vous vous sentez coupable, si vous êtes « en  tort » aux yeux de la loi , cela peut créer une zone de honte, et impacter notamment le pancréas. Même si vous n’êtes pas impliqué directement, être témoin peut aussi être traumatisant. On parle alors de choc visuel ou auditif. Et ce sera d’autant plus traumatisant si, pour une raison ou pour une autre, vous êtes dans l’impossibilité d’agir. Ce que Laborit appelle « l’inhibition de l’action ».

L’ostéopathie peut agir sur ce versant émotionnel et libérer par le toucher des émotions enkystées dans les tissus. Mais ce type de libération ne se commande pas, cela arrive souvent sans qu’on le recherche, quand c’est le moment. Ce n’est pas spectaculaire ni traumatisant. Cela peut se traduire simplement par la sensation d’une chaleur intense, un « coup de chaud » ou de légers tremblements dans les muscles, suivi d’une inspiration profonde et d’une sensation de relâchement.

Voilà en résumé pourquoi l’ostéopathie est un allié précieux dans ce genre de traumatisme, prenant en compte l’humain dans ses différentes composantes. Par la levée des blocages tant physiques qu’émotionnels, cette approche douce et holistique permet de rétablir la santé et l’harmonie de façon sécure et durable, pour le plus grand bien des patients.